Tom the Postgirl, trois heures de livraisons entre mignon et glaçant
Avec son crayonné noir et blanc et son sound design de grognements, Tom the Postgirl installe un malaise discret pendant quelques heures de jeu.
En bref
- Jeu d’un studio suisse coproduit avec Arte France, sorti sur PC, Mac et Switch.
- Commandes réduites à l’essentiel, avec le choix entre livrer sagement et semer le désordre.
- Aventure courte, vendue 9,99 €, avec une démo gratuite sur Steam.
Peut-on sourire et se sentir mal à l’aise dans la même scène ? C’est le pari de Tom the Postgirl, que Numerama juge gagné, au point de proposer un mot pour le décrire : le « cosymalaise ».
Un village de conte où quelque chose cloche
Le joueur incarne Tom, une petite fille en parka rouge que la poste de son village a embauchée pour apporter des paquets aux habitants. Le dessin est un crayonné noir et blanc, l’animation reste très simple, et l’ensemble ressemble à un album jeunesse. Mais derrière les façades, le village cache de multiples petits vices, tantôt mignons, tantôt étranges, parfois franchement flippants.
Le test décrit un mélange d’ambiances qui empêche de savoir comment prendre le jeu. D’un côté, les graphismes et l’aspect cartoon font sourire. De l’autre, les rencontres et événements qui jalonnent le parcours font lever plus d’un sourcil. Le test relève un humour très noir, et un malaise qui s’installe au fil des quelques heures nécessaires pour boucler l’histoire. Son auteur en ressort content, et le présente comme un compliment.
Le sound design y contribue : il privilégie grognements et bruits de bouche plutôt que des dialogues, ce qui accentue le grotesque. Le jeu est classé PEGI 16, et le test déconseille d’y jouer avec des enfants malgré sa tête d’album jeunesse.
Derrière ce projet, un petit studio suisse, Oopsie Daisies, associé à Arte France pour la coproduction. Ses membres sont cinq amis qui, selon la page Steam, « explorent les contes de l’enfance et les souvenirs un peu gênants ». Les mots creepy et cosy reviennent aussi dans leur bouche. Les rapprochements avec Twin Peaks, Kenny de South Park ou René Magritte sont des appréciations du critique.
Une seule touche, et le choix du bazar
Côté manette, le jeu ne demande presque rien : le stick directionnel pour se déplacer, une seule touche pour interagir, la gâchette droite pour courir. Une touche ouvre la carte, une autre permet de vérifier ce qui a été accompli.
La carte se compose de nombreuses zones où l’on livre des colis. Un radar y signale les méfaits restants ou les incongruités pas encore vues. Le joueur peut alors semer la pagaille, sans aucune récompense, ou livrer sagement ses paquets en résistant à la tentation d’ouvrir les colis. Sur leur page Steam, Arte et Oopsie Daisies promettent « l’exquise tentation du voyeurisme ».
Le test juge les actions très limitées, mais le peu qui est proposé suffit à donner envie de pousser plus loin le curseur de l’absurde et d’assister à d’autres moments comiques. Le principal intérêt du jeu est de provoquer le rire ou le malaise, selon la situation.
Les repères avant d’acheter
| Critère | Détail |
|---|---|
| Sortie | jeudi 29 octobre |
| Plateformes | PC et Mac via Steam, Nintendo Switch |
| Studio | Oopsie Daisies (Suisse), coproduction Arte France |
| Rejouabilité | new game plus, plusieurs fins, succès et profils à débloquer |
Qui prend son temps en vient à bout en trois heures tout au plus. Le parcourir en une vingtaine de minutes est possible, mais le test y voit du gâchis. Le titre n’offre pas une énorme rejouabilité : un new game plus permet de retrouver des détails amusants manqués au premier passage et de refaire certains choix, avec plusieurs fins, des succès et des profils à débloquer. Pour le test, c’est surtout l’aventure d’une fois, idéalement sur deux soirées.
Un pari réussi, mais à peser avant l’achat
Selon le test, le jeu réussit son pari du « cosymalaise », pour peu qu’on aime les aventures étranges teintées d’humour noir, mais pas trop. Le même texte invite à bien réfléchir avant de dépenser les 9,99 € demandés pour un titre qui ne dure que deux ou trois soirées. Pour se faire une idée avant de payer, une démo gratuite est disponible sur Steam.
Photo : Gupta Sahil / Pexels